Des images choquantes, des commerces dĂ©vastĂ©s, des interpellations par milliers. Dans les jours qui ont suivi les violences urbaines de lâautomne, une question a rapidement Ă©mergĂ© : et si votre patron apprenait ce que vous avez fait ce soir-lĂ ? GĂ©rald Darmanin, alors ministre de la Justice, a annoncĂ© une mesure qui a fait beaucoup parler. Mais entre lâeffet dâannonce et la rĂ©alitĂ© juridique, il y a parfois un grand Ă©cart. On fait le point.
Ce que Darmanin a vraiment annoncé
Dans une circulaire adressĂ©e aux procureurs de la RĂ©publique, le ministre a demandĂ© un durcissement des sanctions pour les personnes condamnĂ©es suite aux Ă©vĂ©nements du 17 octobre. Parmi les mesures phares : informer les employeurs lorsque lâun de leurs salariĂ©s a participĂ© Ă des pillages ou Ă des Ă©meutes. Lâobjectif affichĂ© ? Ăviter toute forme dâimpunitĂ© et donner une vraie portĂ©e dissuasive aux peines prononcĂ©es.
Darmanin est allĂ© encore plus loin au micro de LCI : « Jâai demandĂ© Ă tous les procureurs de la RĂ©publique de prĂ©venir tous les employeurs que leur salariĂ© a Ă©tĂ© dans un pillage, a Ă©tĂ© dans une Ă©meute. » Une dĂ©claration qui a immĂ©diatement soulevĂ© de nombreuses questions cĂŽtĂ© droit du travail.
Dans le secteur public, câest dĂ©jĂ possible
Bonne nouvelle pour la cohĂ©rence juridique : ce dispositif existe dĂ©jĂ , au moins en partie. La loi du 14 avril 2016 encadre la communication dâinformations pĂ©nales entre les procureurs et les administrations publiques. Cette loi avait notamment Ă©tĂ© adoptĂ©e aprĂšs le scandale de Villefontaine, oĂč un directeur dâĂ©cole avait continuĂ© Ă travailler auprĂšs dâenfants malgrĂ© une condamnation grave.
ConcrĂštement, un procureur peut tout Ă fait prĂ©venir une mairie quâun agent municipal est poursuivi pour avoir participĂ© Ă des dĂ©gradations. Les organismes privĂ©s chargĂ©s dâune mission de service public, ainsi que les ordres professionnels, sont Ă©galement concernĂ©s.
Dans le privé, la réalité est







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